Petit glossaire des termes utilisés dans le cours d'Evolution


Adaptation

Un changement phénotypique en réponse à un signal quelconque, résultant en une amélioration de la croissance, de la survie ou de la reproduction (Williams, 1966).


ADN

Acide désoxyribonucléique. La molécule porteuse de l'information génétique.


ADN égoiste

Une classe de séquences d'ADN s'étant répandue dans le génome des organismes supérieurs au cours de l'évolution grâce à ses propres capacités de réplication (par transposition, duplication horizontale ou crossing-over inégal).


ADNmt

ADN mitochondrial. ADN circulaire présent à plusieurs exemplaires dans toutes les mitochondries des eucaryotes.


ADN répété

Séquences d'ADN de longueur variable que l'on retrouve en plusieurs exemplaires dans le génome des eucaryotes, soit sous forme de répétitions en tandem, soit sous forme de répétitions dispersées.


Allèle

Contraction d'allélomorphe. Une forme particulière d'un gène donné.


Allopatrie

Caractérise la présence (ou la formation) d'espèces différentes dans des aires géographiques séparées et non chevauchantes


Anisogamie

Production de gamètes de taille différente


Apatite

Phosphate de clacium. Substance minérale de base de nos os et nos dents. L'apatite est aussi fabriqué par des microorganismes, et il peut être considéré comme le témoins de l'existence de formes de vies primitives.


Apomixie

Absence de fertilisation. Production d'un oeuf à partir d'une division normale sans méiose. Cette classe inclus la reproduction végétative


ARN

Acide ribonucléique. Il existe 3 formes principales de l'ARN (ARNm, ARNr et ARNt). L'ARN est souvent le produit de la transcription d'une séquence d'ADN. Il peut être le porteur de l'information génétique chez certains virus.


ARNm

ARN messager. C'est le produit de la transcription d'un gène codant pour une protéine. L'ARNm est synthétisé dans le noyau et transporté dans le cytoplasme où il est traduit en protéine.


ARNr

ARN ribosomique. Composante ARN des ribosomes impliqués dans la synthèse des protéines.


ARNt

ARN de transfert. Molécule d'ARN d'environ 80 nucléotides de long possédant une structure secondaire en forme de trèfle. L'ARN intervient dans la synthèse des protéines en s'appariant sélectivement à un codon de l'ARNm et à une molécule d'acide aminé, agissant ainsi comme un véritable traducteur du code génétique en terme de chaînes d'acides aminés.


Atmosphère réductrice

Atmosphère composée principalement de donneurs d'électrons


Autotrophe

Se dit d'un organisme capable d'élaborer tout ses constituants chimiques à partir de composés inorganiques simples.


Automixie

Autofertilisation. Fusion de deux cellules sexuelles chez la même femelle.


Coalescence (théorie de la)

En génétique des populations, la coalescence caractérise la fusion de deux lignages ancestraux en un seul dans une représentation de la généalogie d'un ensemble de gènes.

La théorie de la coalescence décrit mathématiquement le processus de fusion binaire de tous les lignages d'un échantillon de gènes jusqu'à leur plus proche ancêtre commun.


Coefficient de consanguinité (f)

Le coefficient de consanguinité f est en général défini comme la probabilité que 2 allèles homologues soient identiques par ascendance.


Coefficient de sélection (s)

Mesure quantitative de l'intensité de la sélection subie par un génotype donné. Elle est généralement exprimée par la valeur s, pouvant être positive ou négative, et représente la différence de contribution gamétique d'un génotype par rapport à un un génotype de référence. Par exemple, si le génotype le plus favorisé est pris comme référence, il possédera une fitness relative égale à 1, et la fitness d'un autre génotype sera égale à (1-s) et donc inférieure à 1.


Conjuguaison bactérienne

Il existe plusieurs types de conjuguaison bactérienne, impliquant le passage d'une molécule d'ADN d'une bactérie à une autre:

  1. Conjuguaison par plasmide F: Une bactérie (F+) contenant un plasmide F s'attache à une bactérie (F-) ne possédant pas de plasmide par un pilus à travers lequel une copie du plasmide va transiter. On aura donc comme résultat deux bactéries F+.
  2. Le plasmide intégré au génome d'une bactérie (Hfr) ainsi qu'une portion du génome bactérien est transféré dans une autre bactérie (F-) lors de la conjuguaison. La bactérie accepteuse pourra donc intégrer de l'ADN étranger par recombinaison homologue.
  3. Une bactérie contenant un plasmide F' (un plasmide F incorporant une portion de génome bactérien) transferre par conjuguaison une copie du plasmide F' à une bactérie F-. Cette dernière, devenue F' à son tour aura aisni une portion de son génome à l'état diploide.

Consanguinité

Lien de parenté entre individus possédant un ou plusieurs ancêtres communs. Ils posséderont donc une certaine proportion de copies alléliques identiques par ascendance.


Dérive génétique (définition)

Fluctuation des fréquences alléliques d'une génération à l'autre sous l'effet du hasard.

Ces fluctuations sont dues au tirage aléatoire des allèles présents dans la population à une génération donnée pour former une population à la génération suivante. Ces fluctuation peuvent conduire à l'extinction ou au contraire à la fixation d'un allèle dans la population.


Effet fondateur

Fluctuation importante des fréquences alléliques dans une nouvelle population crée par la migration d'un petit nombre d'individus à partir d'une population mère. Le plus souvent, il y a réduction de la diversité génétique dans la population fille par rapport à la population mère. La modification de fréquence est due au tirage aléatoire des migrants (et donc de leurs allèles) dans la population mère.


Epistasie

Caractérise l'interaction de plusieurs gènes pour produire un phénotype donné.


Eléments transposables

Eléments mobiles du génome, qui peuvent donc modifier leur localisation génomique.Ces éléments contribuent à la plasticité du génome des eucaryotes et des procaryotes et peuvent parfois constituer plus de 10% du total du génome des eucaryotes. Découverts dans les années 40 déjà par Barbara McClintok.


Équilibre de Hardy-Weinberg

Equilibre entre les fréquences génotypiques observées et les fréquences attendues dans une population panmictique.
Pour un système à 1 locus et 2 allèles A et a, possédant respectivement des fréquences p et q=1-p , les fréquences génotypiques attendues dans une population dite en équilibre de Hardy-Weinberg sont données par :

AA

Aa

aa

p2

2pq

q2


Espèce (définition biologique)

Il existe plusieurs définitions de l'espèce.
Nous adopterons ici la définition biologique : une communauté d'êtres vivant interféconds pouvant échanger du matériel génétique et produisant des descendants eux-mêmes féconds.
Bien que cette définition ait l'avantage de fournir un critère simple pour caractériser l'appartenance de deux individus à des espèces différentes, elle a des limites et ne s'applique pas à l'ensemble des formes vivantes.


Évolution

Processus de modification des êtres vivants au cours des générations. Ces modifications peuvent affecter le matériel génétique, les comportements ou la forme des individus. Ils peuvent résulter en l'apparition de nouvelles espèces.


Évolution biologique

Processus de modification des systèmes vivants au cours des générations. Ces modifications peuvent affecter le matériel génétique, les comportements, ou la forme des individus. Ils peuvent résulter en l'apparition de nouvelles espèces.


Evolution moléculaire

Evolution du matériel génétique.


Fitness

Aptitude reproductive d'un individu. Mesure de la capacité des individus à transmettre leurs gènes à la générations suivante. C'est donc la mesure de la capacité reproductive d'un individu possédant un génotype donné. Il s'agit bien une caractéristique d'un génotype et non d'un allèle (sauf dans le cas d'organismes haploïdes).


Fitness absolue (fitness darwinienne)

Si l'on admet que chaque porteur de l'allèle A a une probabilité VA de survivre jusqu'à l'âge adulte et que chaque survivant a en moyenne fA descendants, la fitness absolue ou fitness darwinienne, notée WA , est définie comme le produit

 


Fitness relative

La fitness relative d'un génotype quelconque s'obtient en divisant la valeur de la fitness absolue par celle du génotype possédant la plus grande fitness dans la population. A la différence de la fitness absolue, elle se note par un w minuscule.

Ainsi, dans le cas d'une population diploïde où l'on étudie un locus à 2 allèles A et a, et où la fitness de l'hétérozygote est la plus élevée, les fitness relatives des différents génotypes s'obtiennent de la manière suivante:

Génotypes

AA

Aa

aa

Fitness absolues

WAA

WAa

Waa

Fitness relatives

Fitness relatives exprimées en fonction des coefficients de sélection

1-s

1

1-t


Forces évolutives

Phénomènes influençant le destin d'un allèle ou du polymorphisme dans une population.
On distingue plusieurs forces évolutives.


Gène

Une séquence d'ADN génomique possédant une fonction spécifique. Il correspond à un locus sur le génome.
On reconnaît grossièrement 3 types de gènes:

  1. Gènes codant pour des protéines
  2. Gènes spécifiant des ARN
  3. Gènes de régulation (p. ex. sites d'attachement de protéines ou d'ARN, région de contrôle, etc...)

Les deux premières catégories correspondent à des gènes de structure.
Le mot gène est parfois utilisé comme un synonyme d'allèle.


Génération


Génome

Ensemble du matériel génétique d'un organisme.


Génotype

La constitution génétique d'un individu. La combinaison de ses allèles à un ou à plusieurs de ses locus.


Genres sexuels

Genres mâle et femelle en cas d'anisogamie (production de gamètes de tailles différentes). Par définition, les mâles produisent des gamètes de petite taille, alors que les femelles produisent des gamètes de grande taille.

Lorsqu'il n'est pas possible de distinguer des sexes (isogamie) on parlera alors de "mating types", par exemple chez les ciliés et les champignons.

Chez les plantes, on peut aussi distinguer des types d'incompatibilité.


Gradualisme

Théorie évolutive selon laquelle les nouvelles espèces surviennent par transformation graduelle des espèces ancestrales. Ces transformations sont lentes et régulières. Ces transformations impliquent l'ensemble de la population sur la totalité de son territoire. Cette théorie s'oppose à celle des équilibres ponctués.


Hétérotrophe

Se dit d'un organisme nécessitant des composés carboniques organiques pour assurer son maintien.


Hétérozygote

Se dit, pour un individu diploïde, du fait de posséder 2 copies différentes du même gène.


Homoplasie

Se dit de sites présentant des états moléculaires identiques mais ayant subi différentes étapes évolutives, différents types de mutations (réversions, mutations parallèles ou convergentes).

La présence d'homoplasies conduit à sous-estimer le nombre total de mutations s'étant produites au cours du temps.


Homozygote

Se dit, pour un individu diploïde, du fait de posséder 2 copies identiques du même gène.


Horloge moléculaire

Hypothèse selon laquelle une certaine molécule évoluerait de façon constante au cours du temps. Selon cette théorie, des vitesses évolutives différentes sont possiblespour différentes molécules. Si l'on admet cette théorie, et que l'on connaît le taux d'accumulation des mutations, il est possible d'estimer le temps de divergences d'espèces en comparant leur diversité moléculaire.


Locus

Un endroit précis du génome. On fait en général l'hypothèse qu'il s'agit d'un segment assez petit pour qu'il n'y ait pas de recombinaisons internes.


Loi binomiale

Loi de probabilité d'une variable aléatoire égale au nombre de réalisations d'une épreuve élémentaire où la probabilité de succès au cours de chacune des n tentatives est p.

La probabilité de r succès est donné par

L'espérance mathématique d'une variable aléatoire X suivant une loi binomiale b(n,p) est donné par

,

et sa variance est égale à

Par exemple, la loi binomial permet de calculer la probabilité d'observer 3 fois le nombre 6 au cours d'une partie de dé, ou encore la probabilité d'observer r copies d'un certain allèle à la génération t+1 connaissant la fréquence p de l'allèle à la génération t. On peut ainsi calculer la probabilité d'observer n'importe quelle fréquence allélique à une certaine génération connaissant la fréquence à la génération précédente.


Meiotic drive

Processus résultant en une production préférentielle de certains gamètes. Il y a donc une distorsion de la ségrégation pour certains allèles.


Métabolisme

Processus de dégradation et de synthèse de molécules au cours duquel de l'énergie est consommée et/ou produite.


Migration

Echange d'individus, et donc de gènes, entre populations. Ces échanges sont aussi appelés flux génique. Les migrations ont comme conséquence principale de modifier les fréquences alléliques dans la population récipient. Elles peuvent aussi y introduire de nouveaux mutants.


Modèles déterministes

Modèles où le hasard n'intervient pas. En génétique des populations, on entend surtout par là des modèles où les fréquences alléliques ne sont pas soumises aux fluctuations aléatoires (dérive génétique) dues à la taille finie des populations.


Monomorphe

Se dit d'un locus où l'on n'observe qu'une seule forme allélique, qu'un seul allèle.


Mutations

Toute modification du matériel génétique, par le biais de mutations ponctuelles (substitutions), d'insertions, de délétions, ou de réarrangements de segments chromosomiques.
On admettra qu'une mutation à un locus donné provoque l'apparition d'un nouvel allèle qui n'a jamais existé auparavant (Théorie des allèles infinis, Kimura, 1968)


Mutation adaptative

Mutation permettant à un organisme de mieux s'adapter à son environnement. De telles mutations sont sélectivement avantageuses et augmentent la fitness de leur porteur.


Oligonucléotide

Une courte chaîne d'acide nucléique (quelques nucléotides)


Panmictique

Se dit d'une population où les individus s'apparient au hasard. Il n'y a donc pas de choix du conjoint. Cela sous-entend que l'on a affaire à une population sexuée.


Parthénogénèse

On reconnaît deux grands types de parthénogénèse:


Péripatrie

Se dit d'une espèce occupant une aire géographique située à la périphérie d'une autre espèce.


Phénotype

Les caractéristiques observables d'un individu, dépendant de son génotype et, souvent, de son environnement.


Plasmide F

Un plasmide F contient un gène responsable de la construction d'un tube (pilus) qui permet l'attachement d'une bactérie (F-) ne contenant pas de plasmide F. Le plasmide code aussi pour des gènes altérant la structure des parois cllulaires de telle manière qu'une autre bactérie F+ ne peut plus s'y attacher.


Polymorphisme

Etat où plusieurs formes d'un locus coexistent. En génétique des populations, cela dénote la présence de plusieurs allèles dépassant une fréquence seuil arbitraire mais faible (5%, 1% ou 0.1%) à un locus donné.


Population

Une communauté d'êtres vivants qui s'unissent et échangent du matériel génétique. Une population possédera un patrimoine génétique commun.


Processus autocatalytique

Processus au cours duquels les produits d'une réaction chimique favorisent cette réaction et donc leur propre taux de formation.


Purine

Une base azotée présente dans les nucléotides. Les purines de l'ADN et de l'ARN sont l'adénine (A) et la guanine (G).


Pyrimidine

Une base azotée présente dans les nucléotides. Les pyrimidines de l'ADN sont la cytosine (C) et la thymine (T). Les pyrimidines de l'ARN sont la cytosine (C) et l'uracyle (U).


Radiation adaptatative

Diversification évolutive de nouvelles espèces à partir d'une espèce ancestrale, chacune étant adaptée à une certaine niche écologique.


Recombinaison

Échange physique de portions de chromosomes issus des gamètes parentaux lors de la méiose, entraînant un réarrangement des combinaisons génétiques dans les descendants.


Reproduction sexuée

Production d'une descendance, avec ou sans recombinaison, issue de la fusion de gamètes provenant de deux individus différents.


Ribonucléase P

Cet enzyme, composé d'ARN et de polypeptides, intervient chez E. coli dans l'épissage des ARN de transfert. Les 2 composants sont normalement nécessaires pour l'activité catalytique in vivo. Cependant, lorsque l'on augmente la concentration en magnésium, la composante protéique devient superflue et l'activité enzymatique normale est maintenue par la seule composante ARN


Sélection purificatrice

Hypothèse selon laquelle la sélection agirait principalement (mais pas uniquement) par l'élimination des mutations désavantageuses, impliquant la conservation des mutations neutres. Selon ce principe, la grande majorité des mutations observées seraient donc sélectivement neutres. Ce principe a été a la base de la théorie neutraliste de l'évolution.


Ségrégation

Séparation des allèles dans des gamètes différents lors la méiose. Ce phénomène n'est directement observable que chez les hétérozygotes.


Sélection

Processus par lequel certains individus (ou molécules) contribuent plus ou moins à la constitution de la génération suivante.


Sélection naturelle

Processus de reproduction et/ou de fécondité différentielle par lequel certains individus contribuent plus ou moins à la constitution de la génération suivante, ceci en fonction des qualités intrinsèques de leur génotype dans un environnement donné.


Sélection artificielle

Processus par lequel un individu bénéficie d'un succès reproductif différentiel grâce au choix des éleveurs.


Sélection sexuelle

Avantage de certains individus par rapport à des individus du même sexe pour l'acte reproductif. (Darwin).


La spéciation

Dans le cadre du concept biologique de l'espèce, c'est la mise en place des barrières reproductives, l'évolution de l'isolement reproductif.


Substitutions non-synonymes

Substitutions se produisant dans des séquences codantes et modifiant pas la séquence protéique.


Substitutions synonymes

Substitutions se produisant dans des séquences codantes et ne modifiant pas la séquence protéique.


Sympatrie

Caractérise la présence (ou la formation) d'espèces différentes dans des aires géographiques chevauchantes


Transition

Substitution d'une purine en une autre purine ou d'une pyrimidine en une autre pyrimidine au niveau d'une séquence d'ADN.


Transversion

Substitution d'une purine en une pyrimidine ou d'une pyrimidine en une purine au niveau d'une séquence d'ADN.


Variance

Mesure de l'écart des observations d'une variable aléatoire X à la moyenne (à l'espérance E(X)).
Mathématiquement, pour un échantillon de taille N, on la définit comme

.

Pratiquement on l'estime par


© Laurent Excoffier, Zoological Institute, University of Berne, Swizerland

Dernière mise à jour : 30.05.06 à 11:34