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Darwin, Charles Robert – Biographie

Charles Robert Darwin (12 février 1809 — 19 avril 1882) est un naturaliste anglais dont les travaux et les théories sur l’évolution des espèces vivantes ont profondément révolutionné la biologie. Après avoir acquis la célébrité parmi les scientifiques pour son travail sur le terrain et ses recherches en géologie, il a apporté l’hypothèse que toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d’un ancêtre commun ou d’un petit nombre d’ancêtres communs, grâce au processus de sélection naturelle. Il a vu de son vivant la théorie de l’évolution acceptée par la communauté scientifique et le grand public, alors que sa théorie sur la sélection naturelle a dû attendre les années 1930 pour être généralement considérée comme l’explication essentielle du processus d’évolution. Au XXIe siècle, elle constitue la base de la théorie moderne de l’évolution. Sous une forme modifiée, la découverte scientifique de Darwin reste le fondement de la biologie, car elle explique de façon logique et unifiée la diversité de la vie.

L’intérêt de Darwin pour l’histoire naturelle lui vint alors qu’il avait commencé d’étudier la médecine à l’université d’Édimbourg, puis la théologie à Cambridge. Son voyage de cinq ans à bord du Beagle l’établit dans un premier temps comme un géologue dont les observations et les théories soutenaient les théories actualistes de Charles Lyell, et la publication de son journal de voyage le rendit célèbre comme auteur populaire. Intrigué par la distribution géographique de la faune sauvage et des fossiles qu’il avait recueillis au cours de son voyage, il étudia la transformation des espèces et en conçut sa théorie sur la sélection naturelle en 1838. Ayant constaté que d’autres avaient été attaqués comme hérétiques pour des idées analogues, il ne se confia qu’à ses amis les plus intimes et continua à développer ses recherches pour imaginer et prévenir les objections. En 1858, Alfred Russel Wallace lui fit parvenir un essai qui décrivait une théorie semblable, ce qui les amena à faire connaître leurs théories dans une présentation commune.

Son livre de 1859, L’Origine des espèces, fit de l’évolution à partir d’une ascendance commune l’explication scientifique dominante de la diversification dans la nature. Il examina l’évolution humaine et la sélection sexuelle dans La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe, suivi par L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux. Ses recherches sur les plantes furent publiées dans une série de livres et, dans son dernier ouvrage, il étudiait les lombrics et leur action sur le sol.

En reconnaissance de son génie, il fut enterré dans l’abbaye de Westminster, près de John Herschel et d’Isaac Newton.

Enfance

Charles Darwin est né à Shrewsbury, dans le Shropshire (Angleterre), le 12 février 1809 dans la maison familiale, dite « maison Mount ». Il est le cinquième d’une fratrie de six enfants d’un médecin et financier prospère, Robert Darwin (1766-1848) et de Susannah Darwin (née Wedgwood) (1765-1817). Il est le petit fils d’Erasmus Darwin (1731-1802) du côté de son père et de Josiah Wedgwood (1730-1795), du côté de sa mère. Chacune de deux familles est largement unitarienne, bien que les Wedgwood aient adopté l’anglicanisme. Robert Darwin, plutôt libre-penseur, accepta que son fils Charles soit baptisé à l’église anglicane. Néanmoins, les enfants Darwin fréquentaient avec leur mère la chapelle unitarienne. Le prêcheur de celle-ci devient le maître d’école de Charles, externe en 1817. En juillet de la même année, Susannah Darwin décède alors que Charles avait huit ans. En septembre 1818, il entre à l’école anglicane voisine, l’école de Shrewsbury, comme interne.

Darwin passe l’été de 1825 comme apprenti médecin auprès de son père qui soignait les pauvres du Shropshire. À l’automne de la même année, il part en Écosse, à l’université d’Édimbourg pour y étudier la médecine, mais il est révolté par la brutalité de la chirurgie et néglige ses études médicales. Il apprend la taxidermie auprès de John Edmonstone, un esclave noir libre, qui lui raconte des histoires fascinantes sur les forêts tropicales humides d’Amérique du Sud. Plus tard, dans La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe, il se sert de cette expérience pour souligner que, malgré de superficielles différences d’apparence, « les nègres et les européens » sont très proches.

Durant sa seconde année, Charles Darwin rejoint la Société plinienne, un groupe d’étudiants spécialement intéressés par l’histoire naturelle. Il devient un élève de Robert Edmond Grant (1793-1874), un partisan de la théorie de l’évolution de Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), théorie à laquelle adhère également son grand-père, Erasmus Darwin. Sur les rivages du Firth of Forth, Charles participe aux recherches de Grant sur les cycles vitaux des animaux marins. Ces recherches portent sur l’homologie, théorie selon laquelle tous les animaux ont des organes similaires ne différant que par leur complexité, ce qui indique leur ascendance commune. En mars 1827, Darwin fait une présentation devant ses camarades pliniens sur sa propre découverte : les spores noires souvent trouvées dans des coquilles d’huîtres sont des œufs d’une sangsue. Il suit également les cours de Robert Jameson (1774-1854), s’initie à la stratigraphie géologique, à la classification des plantes et utilise les riches collections du muséum de l’université, l’un des plus riches d’Europe de son temps.

En 1827, son père, insatisfait par l’absence de progrès de son jeune fils, l’inscrit pour obtenir un Bachelor of Arts au Christ’s College de Cambridge. Il s’agit de lui donner un diplôme de théologie, dans l’espoir que Charles devienne pasteur anglican. Néanmoins, Darwin préfère monter à cheval et chasser que se consacrer à ses études. Avec son cousin William Darwin Fox (1805-1880), il commence à se passionner pour la collection des coléoptères. Fox lui fait rencontrer le révérend John Stevens Henslow (1795-1861), professeur de botanique et grand connaisseur de ces insectes. Darwin rejoint alors les cours d’histoire naturelle d’Henslow et devient son élève préféré. Darwin est connu des autres professeurs comme « l’homme qui marche avec Henslow ». Quand les examens se rapprochèrent, Darwin se concentra sur ses études et reçut des cours privés d’Henslow. Darwin est particulièrement enthousiaste au sujet des écrits de William Paley (1743-1805), dont la Théologie naturelle (1802), y compris sur la conception divine de la nature.

« Pour passer l’examen de bachelier, il était également nécessaire de posséder les Évidences du christianisme de Paley et sa Philosophie morale. J’y mis un grand soin, et je suis convaincu que j’aurais pu transcrire la totalité des Évidences avec une correction parfaite, mais non, bien sûr dans la langue de Paley. La logique de ce livre, et je puis ajouter, de sa Théologie naturelle, me procura autant de plaisir qu’Euclide. L’étude attentive de ces ouvrages, sans rien essayer d’apprendre par cœur, fut la seule partie du cursus académique qui, comme je le sentais alors et comme je la crois encore, se révéla de quelque utilité pour l’éducation de mon esprit. Je ne me préoccupais pas à cette époque des prémisses de Paley ; m’y fiant d’emblée, j’étais charmé et convaincu par la longue chaîne de son argumentation. »
— Autobiographie, p. 16

On a avancé que l’enthousiasme de Darwin pour l’adaptationisme religieux de Paley avait paradoxalement joué un rôle, plus tard, lors de la formulation de sa théorie de la sélection naturelle. Il passe ses examens en janvier 1831 : s’il réussit bien en théologie, il remporte de justesse les épreuves de littérature classique, de mathématiques et de physique, arrivant dixième sur une liste de 178 élèves reçus.

Les obligations universitaires obligent Darwin à rester à Cambridge jusqu’en juin. Suivant les conseils d’Henslow, il ne hâte pas son entrée dans les ordres. Inspiré par le journal de voyage d’Alexander von Humboldt (1769-1859), il organise un voyage dans l’île de Ténérife avec quelques camarades d’études eux-mêmes fraîchement diplômés, afin d’étudier l’histoire naturelle des tropiques. Afin de mieux se préparer, Darwin rejoint les cours de géologie du révérend Adam Sedgwick (1785-1873) et, durant l’été, l’assiste à la réalisation d’une carte géologique dans le pays de Galles. Après avoir passé une quinzaine de jours avec des amis étudiants à Barmouth, Darwin retourne chez lui et découvre une lettre d’Henslow qui le recommande comme un naturaliste approprié (même si sa formation n’est pas complète) pour un poste non payé auprès de Robert FitzRoy (1805-1865), capitaine de l’HMS Beagle, lequel partait quatre semaines plus tard pour faire la cartographie de la côte de l’Amérique du Sud. Son père s’oppose d’abord à ce voyage de deux ans qu’il considère comme une perte de temps, mais il est finalement convaincu par son beau-frère, Josiah Wedgwood II (1769-1843), et finit par donner son accord à la participation de son fils

Voyage du Beagle
Sur les cinq années de l’expédition du Beagle, Darwin passe les deux tiers du temps à terre. Il décrit un grand nombre d’observations géologiques, récolte des organismes vivants ou fossiles, et conserve avec méthode une riche collection de spécimens, bon nombre d’entre eux étant nouveaux pour la science. À plusieurs reprises durant le voyage, il envoie des spécimens à Cambridge, accompagnés de lettres sur ses découvertes. Cela va contribuer à établir sa réputation de naturaliste. Ses longues notes détaillées montrent sa capacité à théoriser et forment la base de ses travaux ultérieurs. Le journal qu’il tient à l’origine pour sa famille sera publié sous le titre de The Voyage of the Beagle (Le Voyage du Beagle). Il y récapitule ses observations, et fournit des informations sociales, politiques et anthropologiques sur un grand nombre de personnes qu’il rencontre, coloniaux comme indigènes.

Avant le départ, Robert FitzRoy avait donné à Darwin le premier volume des Principles of Geology de Sir Charles Lyell (1797-1875) qui expliquait les reliefs terrestres par l’accumulation de processus graduels sur de très longues périodes de temps. À leur première escale à l’île de Santiago au Cap-Vert, Darwin observe une bande blanche en altitude dans des falaises volcaniques, bande composée de fragments de coraux et de coquillages cuits. Cette observation, conforme au principe de Lyell sur la lente montée ou descente des reliefs, donna à Darwin une nouvelle perspective sur l’histoire géologique de l’île, et lui mit en tête d’écrire un livre sur la géologie. Cette découverte sera suivie par d’autres encore plus décisives. Il observe que les plaines de Patagonie sont constituées de galets et de coquillages, comme des plages surélevées ; par ailleurs, après un tremblement de terre au Chili, il note des bancs de moules au-dessus du niveau des pleines mers, ce qui indiquait que le niveau de la terre venait d’être surélevé. En altitude, dans les Andes, il observe que des arbres fossiles s’étaient développés sur une plage de sable, à proximité de coquillages marins. Enfin il émet la théorie selon laquelle les atolls coralliens se forment sur des cônes volcaniques en cours de submersion, ce qu’il confirme après que le Beagle soit passé dans les îles Cocos.

En Amérique du Sud, Darwin découvre des fossiles de mammifères géants éteints inclus dans des couches de coquillages marins récents, ce qui indiquait une extinction récente sans pour autant révéler de traces de catastrophe ou de changement climatique. Bien qu’il identifie correctement l’un de ces fossiles à un Megatherium et qu’il reconnaisse des fragments de carapace de tatou local, il estime que ces restes sont reliés à des espèces africaines ou européennes ; c’est seulement après son retour, que Sir Richard Owen (1804-1892) démontre que ces restes sont en réalité proches de créatures ne vivant qu’en Amérique.

Le deuxième volume de l’ouvrage de Charles Lyell argumente contre l’évolutionnisme et explique la distribution des espèces par des « centres de création ». Darwin le reçoit et le lit avec attention, il en déduit des idées qui dépassent ce qu’avait imaginé Lyell. En Argentine, il observe que les deux types de nandous occupent des territoires séparés mais se chevauchant en partie. Sur les îles Galápagos, il collecte des miminis et note qu’ils diffèrent en fonction de l’île de provenance. Il avait également entendu dire que les Espagnols vivant dans ces régions étaient capables de dire d’où venaient les tortues à leur simple aspect, mais il avait conclu qu’ils les avaient eux-mêmes introduites. En Australie, l’ornithorynque et le rat-kangourou, lui semblent si étranges qu’ils semblent avoir été l’œuvre de deux créateurs différents.

Au Cap, Darwin et FitzRoy rencontrent Sir John Herschel (1792-1871), qui avait récemment écrit à Lyell au sujet du « mystère des mystères », l’origine des espèces. Lorsqu’il organise ses notes pendant son voyage de retour, Darwin écrit que si ses soupçons au sujet des miminis et des tortues étaient justes, de tels faits sapent la stabilité des espèces, puis, il ajoute prudemment le mot pourraient. Il écrira plus tard que de tels faits m’ont semblé jeter un peu de lumière sur l’origine des espèces.

Trois indigènes de la Terre de Feu qui avaient été accueillis par le Beagle lors de son précédent voyage étaient à bord : ils y revenaient comme missionnaires. Durant leur séjour de deux ans en Angleterre, ils étaient devenus des « civilisés », aussi leurs proches apparurent-ils à Darwin comme des sauvages malheureux et avilis. Un an plus tard, les missionnaires qui avaient été laissés sur place avaient abandonné leur mission et seul Jemmy Button vint à leur rencontre, il était retourné à la vie sauvage et leur annonça qu’il n’avait aucun désir de retourner en Angleterre et qu’il était content et comblé. À cause de cette expérience, Darwin vint à penser que l’homme n’était pas tant éloigné des animaux, et que la différence était surtout due à des différences d’avancées culturelles entre civilisations plutôt qu’à des différences raciales. Il détestait l’esclavage qu’il avait vu ailleurs en Amérique du Sud, et était désolé des effets du peuplement européen sur les aborigènes d’Australie comme sur les māori de Nouvelle-Zélande.

FitzRoy était chargé d’écrire le récit officiel du voyage du Beagle ; peu avant la fin du périple, il lit le journal de Darwin et lui demande de le retravailler afin qu’il devienne le troisième volume, celui consacré à l’histoire naturelle.

Début de la théorie de l’évolution de Darwin

Alors que Darwin était toujours en voyage, Henslow travaillait à faire connaître son ancien élève en communiquant à des naturalistes éminents des exemplaires de fossiles et une brochure de Darwin contenant ses lettres sur la géologie. Au retour du Beagle, le 2 octobre 1836, Darwin était devenu une célébrité dans les cercles scientifiques. Après être passé à sa maison de Shrewsbury et avoir revu sa famille, il retourna au plus vite à Cambridge pour voir Henslow, qui lui conseilla de trouver des naturalistes capables de décrire les collections et d’en établir le catalogue, et qui accepta lui-même de s’occuper des spécimens de botanique. Le père de Darwin rassembla des fonds qui permirent à son fils de devenir un homme de science financièrement indépendant et ce fut un Darwin enthousiaste qui fit le tour des institutions de Londres où il fut partout honoré. Il chercha alors des experts pour décrire les collections : les zoologistes avaient un énorme retard dans leur travail et certains spécimens couraient le risque d’être tout simplement oubliés dans les réserves.

C’est avec une grande curiosité que Charles Lyell rencontra Darwin pour la première fois, le 29 octobre, et il se hâta de le présenter à Sir Richard Owen (1804-1892), un anatomiste promis à un bel avenir, qui avait à sa disposition les équipements du Collège royal de chirurgie pour étudier les ossements fossiles que Darwin avait recueillis. Parmi les résultats surprenants d’Owen figurent des paresseux géants, un crâne semblable à celui d’un hippopotame appartenant au Toxodon, un rongeur éteint, ainsi que des fragments de carapace d’un énorme tatou disparu (le Glyptodon), ce que Darwin avait dès le départ conjecturé. Ces créatures fossiles n’avaient aucun rapport avec les animaux africains, mais étaient étroitement liées aux espèces vivant en Amérique du Sud

À la mi-décembre, Darwin se rendit à Cambridge pour organiser le travail sur ses collections et réécrire son journal. Il rédigea son premier article où il montrait que la masse continentale sud-américaine connaissait une lente surrection et, chaudement appuyé par Lyell, le lut à la Société géologique de Londres le 4 janvier 1837. Le même jour, il offrit à la Société zoologique ses exemplaires de mammifères et d’oiseaux. L’ornithologue John Gould (1804-1881) ne tarda pas à faire savoir que les oiseaux des Galápagos que Darwin croyait être un mélange de merles, de « gros-becs » et de fringillidés, constituaient, en fait, treize espèces distinctes de fringillidés. Le 17 février 1837, on élut Darwin au Conseil de la Société géographique et, dans son adresse présidentielle, Lyell présenta les conclusions d’Owen sur les fossiles de Darwin, en insistant sur le fait que la continuité géographique des espèces confirmait ses idées actualistes.

Le 6 mars 1837, Darwin s’installa à Londres pour se rapprocher de sa nouvelle charge à la société de géographie. Il se joignit au cercle animé formé autour de scientifiques et de savants comme Charles Babbage (1791-1871), qui croyaient que Dieu avait d’avance ordonné la vie selon des lois naturelles sans procéder à des créations miraculeuses ad hoc. Darwin vivait près de son frère Erasmus, un libre-penseur, qui faisait partie du cercle Whig et dont l’amie intime, l’auteur Harriet Martineau (1802-1876), promouvait les idées de Thomas Malthus (1766-1834) qu’on trouvait à la base des réformes de la Poor Law prônées par les Whigs. Les réformes en question visaient à décourager les pauvres de se reproduire plus que ne le permettaient les ressources alimentaires disponibles. La question de Sir John Herschel (1792-1871) sur l’origine des espèces fut abondamment discutée. Des personnalités du milieu médical, y compris le Dr James Manby Gully (1808-1883) allèrent même jusqu’à rejoindre Grant dans ses idées de transformation des espèces, mais aux yeux des scientifiques amis de Darwin une hérésie aussi radicale mettait en péril la base divine de l’ordre social déjà menacé par la récession et les émeutes.

Gould fit savoir alors que les moqueurs polyglottes des Galápagos originaires des différentes îles étaient des espèces distinctes et pas seulement des variétés, tandis que les « troglodytes » constituaient encore une autre espèce de fringillidés. Darwin n’avait pas noté précisément de quelles îles provenaient les exemplaires de fringillidés, mais trouva ces renseignements dans les notes d’autres membres de l’expédition sur le Beagle, y compris FitzRoy, qui avaient enregistré plus soigneusement ce qu’ils avaient eux-mêmes collecté. Le zoologiste Thomas Bell (1792-1880) montra que les tortues des Galápagos étaient indigènes dans les îles. Avant la mi-mars, Darwin s’était convaincu que les animaux une fois arrivés dans les îles s’étaient en quelque sorte modifiés pour former sur les différentes îles des espèces nouvelles ; il réfléchit à cette transformation en notant le résultat de ses pensées sur le « carnet rouge » qu’il avait commencé sur le Beagle. À la mi-juillet, il commença son carnet secret, le « carnet B », sur cette transformation et, à la page 36, il écrivit « je pense » au-dessus de sa première esquisse d’un arbre montrant l’évolution

Surmenage, maladie et mariage
Alors qu’il était absorbé dans l’étude du transformisme, Darwin fut pris par des travaux supplémentaires. Tandis qu’il en était encore à réécrire son Journal, il entreprit de réviser et de publier les rapports d’experts sur ses collections et, avec l’aide de Henslow, obtint une subvention de 1 000 livres sterling pour financer cette Zoologie du Voyage du H.M.S. Beagle (en) en plusieurs volumes. Il accepta des délais impossibles à tenir pour cette tâche ainsi que pour un livre sur la Géologie de l’Amérique du Sud qui soutenait les idées de Lyell. Darwin finit de rédiger son Journal le 20 juin 1837 juste au moment où la reine Victoria montait sur le trône, mais il lui restait encore à corriger les épreuves.

La santé de Darwin souffrit d’une telle surcharge de travail. Le 20 septembre 1837, il ressentit des « palpitations du cœur ». Son médecin lui ayant prescrit un mois de repos, il se rendit alors à Shrewsbury chez des parents du côté maternel à Maer Hall, mais il les trouva trop curieux de ses histoires de voyages pour lui laisser quelque repos. Sa cousine Emma Wedgwood, charmante, intelligente et cultivée, et de neuf mois plus âgée que Darwin, soignait la tante de celui-ci, laquelle était invalide. Son oncle Jos lui fit voir un endroit où des cendres avaient disparu sous la glaise et suggéra qu’il pouvait s’agir du travail des lombrics. Ce fut l’origine d’une conférence que Darwin fit à la Société géologique le 1er novembre, et où il démontra pour la première fois le rôle des lombrics dans la formation des sols.

William Whewell (1794-1866) incita Darwin à accepter la charge de secrétaire de la Société géologique. Après avoir d’abord refusé cette tâche supplémentaire, il accepta le poste en mars 1838. En dépit de la besogne apportée par les travaux d’écriture et d’édition, il réalisa des progrès remarquables sur le transformisme. Tout en gardant secrètes ses idées sur l’évolution, il ne manquait aucune occasion d’interroger les naturalistes expérimentés et, de façon informelle, les gens qui possédaient une expérience pratique comme les fermiers et les colombophiles. Avec le temps sa recherche s’élargit : il se renseignait auprès de sa famille, enfants compris, du majordome de la famille, de voisins, de colons et d’anciens compagnons de bord. Il engloba le genre humain dans ses spéculations initiales et, le 28 mars 1838, ayant observé un singe au zoo, il nota la ressemblance entre son comportement et celui d’un enfant.

Tous ces efforts finirent par se faire sentir et, dès juin, il fut forcé de s’aliter quelques jours sans interruption en raison de problèmes d’estomac, de migraines et de symptômes cardiaques. Tout le reste de sa vie, il devrait plusieurs fois s’arrêter de travailler avec des épisodes de douleurs à l’estomac, de vomissements, de furoncles sévères, de palpitations, de tremblements et d’autres malaises, surtout dans les moments de tension, comme lorsqu’il devait assister à des réunions ou répondre à des controverses sur sa théorie. La cause de cette maladie resta inconnue de son vivant, et les traitements n’eurent que peu de succès. Des essais récents de diagnostic ont suggéré la maladie de Chagas, que lui auraient communiqué des piqûres d’insectes en Amérique du Sud, la maladie de Menière, ou encore différentes maladies psychologiques. On reste encore dans l’incertitude.

Le 23 juin 1838, il fit une pause dans son travail en allant faire un peu de géologie en Écosse. Il visita Glen Roy par un temps radieux pour voir les « terrasses » parallèles, ces replats taillés à flanc de coteau. Il y voyait des plages surélevées : on a démontré plus tard qu’il s’agissait des berges d’un lac glaciaire.

Complètement rétabli, il revint à Shrewsbury en juillet. Habitué à prendre continuellement des notes sur la reproduction animale, il griffonnait des pensées décousues concernant sa carrière et ses projets sur deux petits morceaux de papier : l’un comportait deux colonnes intitulées « Mariage » et « Pas de mariage ». Les avantages comprenaient entre autres : « une compagne fidèle et une amie dans la vieillesse … mieux qu’un chien en tout cas » ; et à l’opposé des points comme « moins d’argent pour les livres » et « terrible perte de temps ». S’étant décidé pour le mariage, il en discuta avec son père, et rendit ensuite visite à Emma le 29 juillet 1838. Il n’eut pas le temps de faire sa demande en mariage mais, contre les conseils de son père, parla de ses idées sur le transformisme.

Pendant qu’il continuait ses recherches à Londres, l’éventail de lectures très large de Darwin comprenait à présent « pour se distraire » la 6e édition de l’Essai sur le Principe de Population de Malthus ; celui-ci avait calculé qu’en raison du taux de natalité, la population humaine pouvait doubler tous les 25 ans, mais que, dans la pratique, cette croissance était freinée par la mort, la maladie, les guerres et la famine. Darwin était bien préparé pour voir tout de suite que cela s’appliquait aussi au « conflit entre les espèces », remarqué pour les plantes par Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841), et à la lutte pour la vie parmi les animaux sauvages, et que c’était la raison pour laquelle les effectifs d’une espèce demeuraient relativement stables. Comme les espèces se reproduisent toujours plus qu’il n’y a de ressources disponibles, les variations favorables rendraient les organismes qui en sont porteurs plus aptes à survivre et à transmettre ces variations à leur progéniture, tandis que les variations défavorables finiraient par disparaître. D’où s’ensuivrait la formation de nouvelles espèces. Le 28 septembre 1838, il nota ce nouvel éclairage de la question, le décrivant comme une sorte de coin, introduisant des structures plus adaptées dans les espaces de l’économie naturelle tandis que les structures plus faibles seraient éjectées. Il disposait maintenant d’une hypothèse de travail. Au cours des mois suivants, il compara les fermiers qui sélectionnaient les meilleurs sujets pour l’élevage à une Nature malthusienne faisant son choix parmi les variantes créées par le « hasard », de telle sorte que « chaque élément [de chaque] structure nouvellement acquise fût complètement mis en œuvre et perfectionné ». Il voyait dans cette analogie « la plus belle partie de [sa] théorie ».

Le 11 novembre, il revint à Maer et fit sa demande à Emma, en lui exposant encore une fois ses idées. Elle accepta puis, dans les lettres qu’ils échangèrent, elle montra comment elle appréciait sa franchise, mais du fait de son éducation anglicane très pieuse, elle laissa voir sa crainte que de telles hérésies par rapport à la foi pussent mettre en danger ses espoirs de le retrouver dans la vie éternelle. Pendant qu’il était en quête d’un logement à Londres, les épisodes de maladie continuèrent et Emma lui écrivit pour le presser de prendre un peu de repos, remarquant de façon presque prophétique : « Ne retombez donc plus malade, mon cher Charlie, avant que je puisse être auprès de vous pour prendre soin de vous. » Il trouva dans la Gower Street ce qu’ils appelèrent le « Cottage de l’Ara » (à cause de son intérieur criard), puis il déménagea son « musée » à Noël. Le mariage était prévu pour le 24 janvier 1839, mais les Wedgwood retardèrent cette date. Le 24, Darwin eut l’honneur d’être élu membre de la Royal Society.

Le 29 janvier 1839, Darwin et Emma Wedgwood se marièrent à Maer au cours d’une cérémonie anglicane aménagée pour convenir aux Unitariens. Ils prirent alors immédiatement le train pour Londres et gagnèrent leur nouveau foyer

Préparation de la publication de la théorie de la sélection naturelle
Darwin avait trouvé la base de sa théorie de la sélection naturelle, mais était bien conscient de tout le travail qui restait à faire pour la rendre crédible aux yeux de ses collègues scientifiques, qui le critiquaient farouchement. Le 19 décembre 1838, à la réunion de la Société géologique dont il était secrétaire, il vit Owen et Buckland ne rien cacher de leur haine contre l’évolution en attaquant la réputation de son vieux maître Grant, disciple de Lamarck. Le travail continua sur les conclusions auxquelles il était arrivé à bord du Beagle et, en même temps qu’il consultait des éleveurs, il multipliait les expériences sur les plantes, essayant de trouver des preuves qui répondissent à toutes les objections auxquelles il s’attendait à partir du moment où sa théorie serait communiquée. Quand la Narration de FitzRoy fut publiée, en mai 1839, le Journal et Remarques de Darwin (plus connu sous le titre Le Voyage du Beagle) qui en constitue le troisième volume rencontra un tel succès que l’on en fit une réédition séparée la même année

Au début de 1842, Darwin envoya à Lyell une lettre pour lui exposer ses idées ; ce dernier fut consterné de voir que celui qui avait été son allié refusait maintenant « de voir un commencement à chaque groupe d’espèces ». En mai, le livre de Darwin sur les récifs coralliens fut publié après plus de trois années de travail. En juin il écrivit alors une « esquisse sommaire » de sa théorie tenant en 35 pages. Pour échapper aux pressions de Londres, la famille s’installa en novembre à la campagne, dans le domaine de Down House. Le 11 janvier 1844, Darwin écrivit à son ami, le botaniste Sir Joseph Dalton Hooker (1817-1911), pour lui parler de sa théorie, en disant que c’était presque avouer « un meurtre », mais à son grand soulagement Hooker croyait qu’ « une modification graduelle des espèces pouvait bien avoir eu lieu » et il exprima son intérêt pour l’explication de Darwin. Vers juillet, Darwin avait développé son « esquisse » dans un « Essai » de 230 pages. Ses craintes de voir ses idées écartées comme une sorte de radicalisme lamarckien furent réveillées une nouvelle fois par la controverse que suscita en octobre une publication anonyme intitulée Vestiges de l’Histoire naturelle de la Création. Ce livre qui fut un best-seller accrut l’intérêt de la classe moyenne pour le transformisme, et ouvrit ainsi la voie à Darwin. Cet ouvrage fut néanmoins sévèrement attaqué par les scientifiques reconnus, ce qui rappela à Darwin la nécessité de répondre à toutes les difficultés avant de rendre publique sa théorie. Darwin termina son troisième livre de géologie en 1846 et entreprit à partir d’octobre une vaste étude sur les cirripèdes avec l’aide de Hooker. En janvier 1847, Hooker lut l’« Essai » de Darwin et lui renvoya ses observations ; c’était la critique sereine dont Darwin avait besoin, même si Hooker remettait en question son rejet de l’idée d’une création continue.

Pour essayer de traiter son état maladif chronique, Darwin se rendit à Malvern, une ville thermale, en 1848. La cure de quelques mois lui fit un grand bien et il put reprendre son travail à son retour. À la mort de son père le 13 novembre, il est néanmoins tellement affaibli qu’il ne peut assister aux funérailles. En 1849, sa fille chérie, Annie, tomba malade, ce qui réveilla sa peur que sa maladie puisse être héréditaire. Après une longue série de crises elle mourut en avril 1851, et Darwin perdit toute foi en un Dieu bienveillant.

Les huit années que Darwin passa à travailler sur les cirripèdes lui permirent de trouver des « homologies » qui confortaient sa théorie en montrant que de légers changements morphologiques pouvaient permettre à différentes fonctions d’affronter des conditions nouvelles. En 1853, il obtint la Médaille royale de la Royal Society, ce qui établit sa réputation comme biologiste. En 1854, il reprit le travail sur sa théorie des espèces et, en novembre, se rendit compte que la divergence dans le caractère de descendants pouvait s’expliquer par le fait qu’ils s’étaient adaptés « à des situations différentes dans l’économie de la nature ».

La publication de la théorie de la sélection naturelle

Au début de 1855, Darwin cherchait à savoir si les œufs et les graines étaient capables de survivre à un voyage dans l’eau salée et d’élargir ainsi la distribution de leurs espèces à travers les océans,. Hooker était de plus en plus sceptique quant à la conception traditionnelle selon laquelle les espèces étaient immuables, mais leur jeune ami Thomas Henry Huxley (1825-1895) était fermement opposé à l’évolution. Lyell était intrigué par les spéculations de Darwin sans se rendre compte de leur portée. Après avoir lu un article d’Alfred Russel Wallace (1823-1913) sur l’Introduction des espèces, il trouva des ressemblances avec les idées de Darwin et lui conseilla de les publier pour établir son antériorité. Bien que Darwin ne vît là aucune menace, il commença à rédiger un article court. Trouver des réponses aux questions difficiles l’arrêta plusieurs fois, et il élargit son projet à un « grand livre sur les espèces » intitulé « La Sélection naturelle ». Il continua ses recherches, obtenant des renseignements et des exemplaires auprès de naturalistes du monde entier, y compris Wallace qui travaillait à Bornéo. En décembre 1857, Darwin reçut de Wallace une lettre lui demandant si son livre examinerait les origines humaines. Il répondit qu’il éviterait un tel sujet, « si encombré de préjugés », tandis qu’il encourageait l’essai de théorisation de Wallace, en ajoutant « Je vais beaucoup plus loin que vous ».

Darwin en était à mi-chemin de son livre quand, le 18 juin 1858, il reçut une lettre de Wallace qui décrivait la sélection naturelle. Bien qu’ennuyé d’avoir été « devancé », il la transmit à Lyell comme convenu et, bien que Wallace n’eût pas demandé qu’elle fût publiée, proposa de l’envoyer à n’importe quel journal que choisirait Wallace. Sa famille était alors plongée dans l’angoisse car dans le village des enfants mouraient de la scarlatine, aussi remit-il l’affaire entre les mains de Lyell et de Hooker. Ils convinrent de présenter ensemble à la Linnean Society le 1er juillet « Sur la Tendance des espèces à former des variétés; et sur la Perpétuation des variétés et des espèces par les moyens naturels de la sélection ». Comme Charles, le dernier enfant des Darwin, alors encore au berceau, venait de mourir de la scarlatine, son père était trop bouleversé pour être présent.

Sur le moment on prêta peu d’attention à l’annonce de cette théorie ; le président de la Linnean remarqua en mai 1859 que l’année précédente n’avait été marquée par aucune découverte révolutionnaire. Par la suite, Darwin ne put se souvenir que d’une seule recension, celle du professeur Haughton, de Dublin, proclamant que « tout ce qu’il y avait là de nouveau était inexact, et tout ce qui était exact n’était pas nouveau ». Darwin s’acharna pendant treize mois pour écrire un résumé de son « grand livre », souffrant de problèmes de santé, mais encouragé constamment par ses amis scientifiques. Lyell s’arrangea pour le faire publier par Sir John Murray (1841-1914).

Sur l’Origine des Espèces au moyen de la Sélection Naturelle, ou la Préservation des Races les meilleures dans la Lutte pour la Vie, titre d’habitude raccourci sous la forme L’Origine des espèces, eut auprès du public un succès inattendu. Le tirage entier de 1 250 exemplaires était déjà réservé quand il fut mis en vente chez les libraires le 22 novembre 1859. Darwin y développe « une longue argumentation » fondée sur des observations détaillées, y expose des inférences et la prise en compte des objections attendues. Sa seule allusion à l’évolution chez l’homme était l’affirmation discrète que « des lumières seront jetées sur l’origine de l’homme et son histoire ». Il évitait le mot « évolution », controversé à l’époque, mais à la fin du livre il concluait que « des formes sans cesse plus belles et plus admirables ont été élaborées et continuent à l’être ». Sa théorie est exposée de façon simple dans l’introduction :

« Comme il naît beaucoup plus d’individus de chaque espèce qu’il n’en peut survivre, et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s’ensuit que tout être, s’il varie, même légèrement, d’une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d’une façon naturelle. En raison du principe dominant de l’hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifiée. »

Les réactions à sa publication

L’ouvrage de Charles Darwin suscita un vif intérêt dans le public ainsi qu’une controverse qu’il suivit de près, conservant les coupures de presse avec les recensions, les articles, les railleries, les parodies et les caricatures. L’évolution par la sélection naturelle fut largement discutée, voire dénigrée, particulièrement dans les communautés religieuse et scientifique. Bien que Darwin ait été soutenu par certains scientifiques (par exemple, Thomas Henry Huxley, Ernest Renan ou encore Ernst Haeckel qui le popularisera très tôt en Allemagne), d’autres hésitaient à accepter sa théorie à cause de la capacité inexpliquée des individus à transmettre leurs capacités à leurs descendants. Ce dernier point était pourtant étudié au même moment par Gregor Mendel, mais il ne semble pas que les deux hommes aient communiqué ensemble. Même avec les lois de Mendel, le mécanisme sous-jacent resta un mystère jusqu’à ce que l’on découvrît l’existence des gènes.

Les critiques hostiles eurent tôt fait de tirer les conséquences qui n’étaient pas exprimées, comme le fait que les hommes descendraient des singes. Pourtant, dans L’Origine des espèces, Darwin ne parle pas des origines de l’homme. Le public confond les idées exprimées dans le livre de Darwin avec celles de Lamarck, qui cinquante ans auparavant avait avancé cette idée sans alors faire scandale. Parmi les réponses favorables, les recensions de Huxley adressaient des critiques à Richard Owen, chef de l’establishment scientifique qu’il voulait ébranler. Le verdict d’Owen resta inconnu jusqu’à ce que son compte rendu d’avril eût condamné le livre.

L’establishment scientifique de l’Église d’Angleterre, qui comprenait les anciens maîtres de Darwin à Cambridge, Sedgwick et Henslow, réagit de façon hostile, malgré un accueil favorable dans la génération plus jeune des naturalistes professionnels. En 1860, la publication d’Essays and Reviews (en) par sept théologiens anglicans libéraux détourna de Darwin l’attention des hommes d’Église. Ces derniers condamnèrent comme hérétique une telle manifestation de la critique libérale car on y trouvait entre autres cet argument que par les miracles Dieu enfreindrait ses propres lois, opinion athée, ainsi que l’éloge du « magistral volume de M. Darwin [soutenant] le grand principe que la nature a le pouvoir d’évoluer par elle-même ».

Le débat public le plus fameux eut lieu à Oxford lors d’une réunion de l’Association britannique pour l’Avancement des Sciences. Le professeur John William Draper avait prononcé un long plaidoyer en faveur de Darwin et du progrès social, c’est alors que l’évêque d’Oxford, Samuel Wilberforce, s’en prit à Darwin. Dans la discussion qui s’ensuivit, Joseph Dalton Hooker prit énergiquement parti pour Darwin tandis que Thomas Huxley se constituait comme le « bouledogue de Darwin » – il fut le défenseur le plus farouche de la théorie de l’Évolution à l’époque victorienne. Les deux partis se séparèrent en criant victoire chacun, mais Huxley resta célèbre par sa réponse : comme Wilberforce lui avait demandé s’il descendait du singe par son grand-père ou par sa grand-mère, Huxley grommela : « C’est Dieu lui-même qui vient de le livrer entre mes mains » et il répliqua qu’il « préférerait descendre d’un singe plutôt que d’un homme instruit qui utilisait sa culture et son éloquence au service du préjugé et du mensonge ».

Le débat déborde le cadre de la science, de l’Église anglicane et du protestantisme. Les autorités de l’Église catholique entrent dans la polémique. Dès 1860, en effet, Darwin est condamné par une réunion d’évêques qui se tient à Cologne. Le pape intervient ensuite à plusieurs reprises pour dénoncer la thèse selon laquelle l’homme descendrait du singe.

Tenu éloigné des discussions publiques par sa maladie, Darwin n’en lisait pas moins avec passion ce qu’on rapportait d’elles et recevait des soutiens par courrier. Asa Gray convainquit un éditeur aux États-Unis de payer des droits d’auteur, et Darwin fit venir et distribua la brochure de Gray qui montrait que la Sélection naturelle n’était nullement incompatible avec la Théologie naturelle. En Grande-Bretagne ses amis, y compris Hooker et Lyell, prenaient part aux discussions scientifiques que Huxley menait avec rage pour briser la domination de l’Église et de l’amateurisme aristocratique, incarnée par Owen, en faveur d’une nouvelle génération de professionnels de la science. Owen commit l’erreur d’invoquer (à tort) certaines différences anatomiques entre le cerveau du singe et le cerveau humain, et accuser Huxley de soutenir que « l’homme descend du singe ». Huxley fut heureux de soutenir cette opinion et sa campagne, qui dura plus de deux ans, fut une vraie catastrophe pour Owen et la « vieille garde », qui se trouvèrent éliminés. Les amis de Darwin formèrent le Club X et aidèrent à lui valoir l’honneur de la Médaille Copley que lui décerna la Royal Society en 1864.

Vestiges avait déjà suscité dans le public le plus vaste intérêt, et l’Origine des espèces fut traduite dans un grand nombre de langues et connut de nombreuses réimpressions, devenant un texte scientifique de base accessible aussi bien à une classe moyenne curieuse de cette nouveauté qu’aux simples travailleurs qui se pressaient aux conférences de Huxley. La théorie de Darwin correspondait d’ailleurs aux différents mouvements de l’époque et elle devint un des fondements clés de la culture populaire.

Descent of Man, la sélection sexuelle, la botanique et la transmission des caractères acquis

Malgré des rechutes continuelles pendant les vingt-deux dernières années de sa vie, Darwin continua son travail. Il avait publié un résumé de sa théorie, mais les aspects les plus controversés de son « grand livre » restaient incomplets, y compris la preuve explicite du fait que l’humanité descendait d’animaux antérieurs à elle, et la recherche de causes possibles qui étaient à la base du développement de la société et des capacités mentales de l’homme. Il devait encore expliquer des caractéristiques sans utilité évidente si ce n’est dans un but esthétique. Il continuait à faire des expériences, à chercher, à écrire.

Quand la fille de Darwin tomba malade, il suspendit ses expériences sur les semences et les animaux domestiques pour l’accompagner au bord de la mer ; là il s’intéressa aux orchidées sauvages et il en résulta une étude révolutionnaire sur la façon dont la beauté des fleurs sert à assurer la pollinisation par les insectes et à garantir une fertilisation avec croisement. Comme avec les balanes, les parties homologues remplissaient des fonctions différentes chez les différentes espèces. De retour chez lui, il retrouva son lit de malade dans une pièce que remplissaient ses expériences sur les plantes grimpantes. Il reçut la visite d’Ernst Haeckel (1834-1919), un de ses admirateurs qui avait propagé l’évangile du darwinisme en Allemagne. Wallace continuait à le soutenir, bien qu’il versât de plus en plus dans le spiritisme.

De la variation des animaux et des plantes sous l’action de la domestication constituait la première partie du « grand livre » que Darwin projetait (développement du « résumé » qu’il avait publié sous le titre L’Origine des espèces) ; cette première partie s’enfla jusqu’à devenir deux gros volumes, le forçant à laisser de côté l’évolution humaine et la sélection sexuelle ; elle se vendit bien malgré sa taille.

Dans ce livre, Darwin soutient qu’une des causes de l’évolution est l’hérédité des caractères acquis. (Contrairement à une opinion répandue, en effet, Darwin ne rejeta pas l’idée lamarckienne de la transmission des caractères acquis.) Il s’efforce de donner une explication théorique de l’hérédité des caractères acquis à l’aide de l’hypothèse de la pangenèse. En 1880, deux ans avant sa mort, il écrira encore à la revue Nature pour nier, contrairement à ce qu’avait prétendu Wyville Thomson, qu’il eût fait de la sélection naturelle le seul moteur de l’évolution et pour réaffirmer son adhésion à la théorie de l’effet de l’usage et du non-usage (désignation en termes plus lamarckiens de l’hérédité des caractères acquis).

Un livre supplémentaire de démonstrations, qui traitait dans le même style de la sélection naturelle, fut écrit en grande partie, mais resta inédit jusqu’à ce qu’il fût transcrit en 1975.

La question de l’évolution humaine avait été soulevée par ses partisans (et ses détracteurs) peu de temps après la publication de L’Origine des espèces, mais la contribution propre de Darwin sur ce sujet devait venir plus de dix ans plus tard avec l’ouvrage en deux volumes La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe publié en 1871. Dans le deuxième volume, Darwin expliquait en toutes lettres sa conception de la sélection sexuelle pour expliquer l’évolution de la culture humaine, les différences entre les sexes chez l’homme et la différenciation des races humaines, aussi bien que la beauté du plumage chez les oiseaux (qui ne semblait pas le résultat d’une adaptation). L’année suivante Darwin publia son dernier travail important, L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux, consacré à l’évolution de la psychologie humaine et sa continuité avec le comportement des animaux. Il développa ses idées selon lesquelles chez l’homme l’esprit et les cultures ont été élaborés par la sélection naturelle et sexuelle, conception qui a connu une nouvelle jeunesse au cours des trois dernières décennies avec l’émergence de la psychologie évolutionniste. Comme il concluait dans La Filiation de l’Homme, Darwin estimait qu’en dépit de toutes les « qualités nobles » de l’humanité et des « pouvoirs qu’elle avait développés » : « L’homme porte toujours dans sa constitution physique le sceau ineffaçable de son humble origine ».

Ses expériences et ses recherches concernant l’évolution trouvèrent leur conclusion dans des livres sur le mouvement des plantes grimpantes, les plantes insectivores, les effets des croisements des plantes et leur auto-fertilisation, les différentes formes de fleurs sur des plantes de la même espèce et La Capacité des plantes à se mouvoir. Dans son dernier livre, il revenait à l’influence des lombrics sur la formation des sols.

Il mourut à Downe, dans le Kent, le 19 avril 1882. Il pensait devoir être enterré au cimetière St. Mary à Downe, mais sur les instances des collègues de Darwin, William Spottiswoode (1825-1883), président de la Société royale, intervint pour qu’il reçut des funérailles officielles et il fut enterré dans l’Abbaye de Westminster, près de l’astronome John Herschel (1792-1871) et du physicien Isaac Newton (1643-1727).

Les enfants de Darwin

Les Darwin eurent dix enfants : deux moururent en bas âge et la disparition d’Annie, alors qu’elle n’avait que dix ans, fut une catastrophe pour ses parents. Charles était un père dévoué et exceptionnellement attentif envers ses enfants. Chaque fois qu’ils tombaient malades il craignait que ce fût dû à la consanguinité puisqu’il avait épousé sa cousine, Emma Wedgwood. Il se pencha sur cette question dans ses écrits, mettant en opposition les avantages des croisements chez beaucoup d’organismes. Malgré ses craintes, la plupart des enfants qui survécurent firent des carrières remarquables, se distinguant même à l’intérieur de la famille Darwin-Wedgwood déjà fort brillante.

Parmi eux, George, Francis et Horace devinrent membres de la Royal Society, se signalant respectivement comme astronome, botaniste et ingénieur civil. Son fils Leonard, d’autre part, fut militaire, politicien, économiste et eugéniste ; il eut comme disciple Sir Ronald Aylmer Fisher (1890-1962), statisticien et biologiste de l’évolution.

Les conceptions religieuses

La mort de sa fille, Annie, en 1851 fut l'événement final qui écarta Darwin, déjà en proie au doute, de l'idée d'un Dieu bienfaisant.Bien que sa famille fût en majorité non-conformiste et que son père, son grand-père et son frère fussent libres-penseurs, au début Darwin ne doutait pas de la vérité littérale de la Bible. Il avait fréquenté une école de l’Église d’Angleterre, puis étudié la théologie anglicane à Cambridge pour embrasser une carrière ecclésiastique. Il avait été convaincu par l’argument téléologique de William Paley qu’on voyait dans la nature un dessein qui prouvait l’existence de Dieu ; cependant au cours du voyage du Beagle il se demanda, par exemple, pourquoi de superbes créatures avaient été faites au fond des océans, là où personne ne pourrait les voir, ou comment il était possible de concilier la conception de Paley d’un dessein bienveillant avec la guêpe ichneumon qui paralyse des chenilles pour les donner à ses œufs comme des aliments vivants. Il restait tout à fait orthodoxe et citait volontiers la Bible comme une autorité dans le domaine de la morale, mais ne croyait plus à l’historicité de l’Ancien Testament.

Alors qu’il menait ses recherches sur la transformation des espèces il savait que ses amis naturalistes y voyaient une hérésie abominable qui mettait en péril les justifications miraculeuses sur lesquelles était fondé l’ordre social ; c’était la sorte d’argument radical qu’utilisaient alors les dissidents et les athées pour attaquer la position privilégiée de l’Église d’Angleterre en tant qu’Église établie. Bien que Darwin eût écrit que la religion était une stratégie tribale de survivance, il croyait toujours que Dieu était le législateur suprême. Cette conviction fut peu à peu ébranlée et, avec la mort de sa fille Annie en 1851, il finit par perdre toute foi dans le christianisme. Il continua à aider son église locale pour le travail paroissial, mais le dimanche il allait se promener pendant que sa famille se rendait à l’église. Désormais il jugeait préférable de regarder la douleur et les souffrances comme le résultat de lois générales plutôt que d’une intervention directe de Dieu. Interrogé sur ses conceptions religieuses, il écrivit qu’il n’avait jamais été un athée dans ce sens qu’il aurait nié l’existence de Dieu et que, de façon générale, « c’est l’agnosticisme qui décrirait de la façon la plus exacte [son] état d’esprit ».

Le Récit de Lady Hope, publié en 1915, soutenait que Darwin était revenu au christianisme au cours de sa dernière maladie. Une telle affirmation a été démentie par ses enfants et les historiens l’ont écartée comme fausse. Sa fille, Henrietta, qui était à son lit de mort, a dit qu’il n’était pas retourné au christianisme. Ses derniers mots ont été, en fait, adressés à Emma : « Rappelez-vous la bonne épouse que vous avez été ».

Les interprétations politiques

Les écrits et les théories de Darwin combinés avec les découvertes génétiques de Gregor Mendel (1822-1884) (la Théorie synthétique de l’évolution) sont considérés comme formant la base de toute la biologie moderne. Cependant, la renommée et la popularité de Darwin ont conduit à associer son nom à des idées et des mouvements qui n’ont seulement qu’une relation indirecte à son œuvre, et parfois sont directement à l’opposé de ses convictions.

Eugénisme

À la suite de la publication par Darwin de L’Origine, son cousin Francis Galton appliqua ses conceptions à la société humaine, commençant en 1865 à promouvoir l’idée de « l’amélioration héréditaire », qu’il élabora de façon détaillée en 1869. Dans La Filiation de l’homme, Darwin convint que Galton avait démontré qu’il était probable que le « talent » et le « génie » chez l’homme étaient héréditaires, mais il écartait comme trop utopiques les changements sociaux que proposait Galton. Ni Galton ni Darwin ne soutenaient une intervention gouvernementale et ils pensaient que, tout au plus, l’hérédité devrait être prise en considération par les individus dans la recherche de partenaires. En 1883, après la mort de Darwin, Galton commença à appeler eugénisme sa philosophie sociale. Au XXe siècle, les mouvements eugénistes devinrent populaires dans un certain nombre de pays et participèrent aux programmes de contrôle de la reproduction tels que les lois de stérilisations contraintes. Par la suite, celles-ci furent mal vues du fait de leur usage par la rhétorique de l’Allemagne nazie dans ses objectifs de « pureté » raciale.

Darwinisme social

Les idées issues de Thomas Malthus et de Herbert Spencer ont appliqué les idées d’évolution et de « survie du plus apte » aux sociétés, aux nations et aux entreprises et elles sont devenues populaires à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, au point d’être utilisées pour défendre différentes perspectives idéologiques, parfois contradictoires, y compris l’économie du laissez-faire, le colonialisme, le racisme et l’impérialisme. Le terme « darwinisme social » date des années 1890, mais il est devenu courant en tant que terme polémique au cours des années 1940 quand Richard Hofstadter a critiqué le conservatisme du laissez-faire. Ces concepts préexistaient à la publication par Darwin de L’Origine en 1859, puisque Malthus était mort en 1834 et que Spencer avait publié en 1851 ses livres sur l’économie et en 1855 ses livres sur l’évolution. Darwin lui-même insistait pour que la politique sociale n’obéît pas simplement aux concepts de lutte et de sélection dans la nature, et pensait que la sympathie devait s’étendre à toutes les races et toutes les nations.

Les commémorations
charles_darwin_1880Durant la vie de Darwin, de nombreuses espèces ainsi que des toponymes lui ont été dédiés. Ainsi le prolongement occidental du canal Beagle qui relie ce dernier à l’océan Pacifique, le canal de Darwin, porte son nom. C’est le capitaine FitzRoy qui le lui a dédié après une action de Darwin : parti avec deux ou trois marins, il a le réflexe de les conduire sur le rivage lorsqu’il voit un pan d’un glacier s’effondrer dans la mer et provoquer une forte vague, celle-ci aurait probablement balayé leur embarcation. Le mont Darwin lui a été dédié lors de son 25e anniversaire. Lorsque le Beagle était en Australie en 1839, John Lort Stokes (1812-1885),ami de Darwin, a découvert un port naturel que le capitaine de vaisseau John Clements Wickham (1798-1864) a baptisé Port Darwin. La colonie de Palmerston, fondée en 1869, fut rebaptisée Darwin en 1911. Elle est devenue la capitale du Territoire du Nord de l’Australie. Cette ville s’enorgueillit de posséder une université Charles Darwin et un parc national Charles Darwin. Le Darwin College de l’université de Cambridge, fondé en 1964, a été baptisé ainsi en l’honneur de la famille Darwin, en partie parce qu’elle possédait une partie des terrains sur lesquels il était bâti.

Les 14 espèces de pinsons qu’il avait découvertes dans les îles Galápagos ont été surnommées les pinsons de Darwin. En 2000, une image de Darwin a été utilisée par la banque d’Angleterre pour le billet de dix livres sterling en remplacement de l’image de Charles Dickens.

Bibliographie
Principales œuvres de Charles Darwin

  • Journal of Researches into the Geology and Natural History of the Various Countries by H.M.S. Beagle, Londres, Henry Colburn, 1839, 614 pp. [2e édition : 1845 ; 167 éditions et tirages en langue anglaise jusqu’en 1972]
  • The Structure and Distribution of Coral Reefs. Being the First of the Geology of the Voyage of the Beagle, under the Command of Capt. Fitzroy, during the Years 1832 to 1836, Londres, Smith, Elder and Co., 1842. [2e édition : 1874 ; 3e édition : 1889]
  • Geological Observations on the Volcanic Islands Visited during the Voyage of H.M.S. Beagle, together with some Brief Notices of the Geology of Australia and the Cape of Good Hope, Londres, Smith, Elder and Co., 1844. [2e édition : 1876 ; 3e : 1891]
  • Geological Observations on South America, Londres, Smith, Elder and Co., 1846.
  • Geological Observations on Coral Reefs, Volcanic Islands and on South America, Londres, Smith, Elder and Co., 1851. Reprise des textes de 1842, 1844 et 1846. Rééditions souvent abrégées.
  • A Monograph of the Sub-Class Cirripedia, with Figures of all the Species, vol. I : The Lepadidae, Londres, The Ray Society, 1851.
  • A Monograph of the FossIl Lepadidae, or Pedunculated Cirripedes of Great Britain, vol. II, The Balanidae (or Sessile Cirripedes), Londres, The Ray Society, 1854.
  • « On the Tendency of Species to Form Varieties, and on the Perpetuation of Varieties by Natural Means of Selection » (avec A.R. Wallace), Journal of Proceedings of the Linnean Society of London (Zoology), vol. III, n°9, 1er juillet 1858, pp. 1-62.
  • On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life (L’Origine des espèces), Londres, John Murray, (24 novembre) 1859. [2e éd. : 7 janvier 1860 ; 3 éd. : avril 1861 ; 4e éd. : juin 1866 ; 5e éd. : 1869 ; 6e éd. : février 1872]
  • On the Various Contrivances by which British and Foreign Orchids are Fertilised by Insects, and on the Good Effects of Intercrossing, Londres, John Murray, 1862. [2e éd. : 1877]
  • On the Movements and Habits of Climbing Plants, Londres, Longman, 1865. [2e éd. : 1875]
  • « Queries about Expression », 1867. Article publié par R.B. Freeman et P. J. Gautrey, « Charles Darwin’s Queries about Expression », Bulletin of the British Museum of Natural History, vol. 4, 1972, pp. 205-219.
  • The Variation of Animals and Plants under Domestication, Londres, John Murray, 2 volumes, 1868. [2e éd. : 1875]
  • The Descent of Man, and Selection in Relation to Sex, Londres, John Murray, 2 volumes, 1871. [2e éd. : 1874 avec une note additionnelle de Th. Huxley]
  • « Pangenesis », Nature, vol. 3, 27 avril 1871, Proceedings of the Royal Society, vol. 19, pp. 393-410.
  • The Expression of the Emotions in Man and Animals, Londres, John Murray, 1872. [2e éd. : (par Francis Darwin) en 1890.
  • « Origin of Certain Instincts », Nature, vol. 7, 3 avril 1873, pp. 417-418.
  • Insectivorous Plants, Londres, John Murray, 1875. [2e éd. : 1888, revue par Francis Darwin]
  • The Effects of Cross and Self-Fertilisation in the Vegetable Kingdom, Londres, John Murray, 1876. [2e éd. : 1878]
  • « Report of the Royal Commission on the Pratice of Subjecting Live Animals to Experiments for Scientific Purposes» , Londres, Her Majesty’s Stationery Office, 1876, pp. 234, 4662-4672.
  • The Different Forms of Flowers on Plants of the Same Species, Londres, John Murray, (9 juillet) 1877. [2e éd. : 1878 ; 3e éd. : 1880, avec une préface de Francis Darwin]
  • « A Biographical Sketch of an Infant », Mind, vol. 2, juillet 1877, pp. 285-294. [Trad. française dans la Revue scientifique, vol. 13, 1877, pp. 25-29]
  • « Preliminary Notice » dans E. Krause, Erasmus Darwin, Londres, John Murray (ouvrage traduit de l’allemand), 1879.
  • The Power of Movement in Plants (en collaboration avec Francis Darwin), Londres, John Murray, 1880.
  • The Formation of Vegetable Mould, through the Action of Worms, with Observations on their Habits, Londres, John Murray, (10 octobre) 1881.
  • « The Action of Carbonate of Ammonia on Chlorophyll Bodies », Journal of the Linnean Society of London (Botanic), vol. 19, 1882, pp. 262-284. Communication lue par Francis Darwin le 6 mars et le 28 août 1882.

Œuvres posthumes

  • « Préface » à A. Weismann, Studies in the Theory of Descent. With Notes and Additions by the Author, Londres, Sampson Low, 1882, pp. V-VI.
  • « Préface » à Hermann Müller, The Fertilisation of Flowers, Londres, Macmillan, 1883, pp. VII-X.
  • « Essay on Instinct », in G.J. Romanes, Mental Evolution in Animals. With a Posthumous Essay on Instinct by Charles Darwin, Londres, Kegan Paul, 1883, pp. 355-384.
  • Francis Darwin (éd.), The Life and Letters of Charles Darwin, including an Autobiographical Chapter, Londres, John Murray, 2 volumes, 1887. [Traduction française de l’Autobiographie, incomplète, Paris, Belin, 1985]
  • More Letters of Charles Darwin, Londres, John Murray, 1903, 2 volumes.
  • F. Darwin et A.C. Seward (éds.), Emma Darwin, Wife of Charles Darwin. A Century of Family Letters, Cambridge University Press, 1904.
  • Francis gélinas (ed.), The Foundations of the ‘Origin of Species’. Two Essays written in 1842 and 1844, Cambridge University Press, 1909. Trad. partielle en français (La Renaissance du Livre, 1925), rééditée en 1992 sous le titre : Ébauche de l’Origine des espèces (essai de 1844), Presses universitaires de Lille.
  • Beagle’ Diary : Charles Darwin’s Diary of the Voyage of H.M.S. Beagle, ed. by Nora Barlow, Cambridge University Press, 1933.
  • The Autobiography of Charles Darwin, with Original Omissions Restored, ed. by Nora Barlow, Londres, Collins, 1958.
  • Darwin’s Journal, ed. by Sir Gavin De Beer, Bulletin of the British Museum, 1959, 2, pp. 1-21.
  • Charles Darwin’s Notebooks, 1836-1844. Geology, transmutation of species, metaphysical enquiries, British Museum of Natural History, Cambridge University Press, 1987.
  • M.A. Di Grigorio, N.W. Gill (eds), Charles Darwin’s Marginalia, vol. I, New York-Londres, Garland, 1990.

wikipedia


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3 Comments

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  1. mais reste encore que c’est une théorie ses idée…

  2. ceux qui contredisent cette théorie n’en sont pas mieux…
    combien de fois faudra leurs dire que le papa noël n’existe pas mdr…

  3. c’était un homme bien qui croyait en la vérité et rien d’autre. je rajoute aussi que plus de la moitié de ses théorie ont été scientifiquement prouver et j’en doute pas un instant pour le reste.

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